Le karaté, la voie de la main vide ?

Notre dossier sur Francis Didier, lui, ne l’est pas !

mafieu

Il refait surface suite aux « règlements de compte » qui ont agité récemment la FFKDA.

Début 2013, le président de la Ligue lyonnaise, Michel Cipriotis, et le patron de la Ligue du Dauphiné, Christian Forestier, font savoir qu’ils ont été délibérément écartés du comité directeur lors des élections contestées du 26 janvier. En septembre 2013, soumis à une procédure disciplinaire engagée contre lui par la direction de la fédération, Michel Cipriotis écope de quatre ans d’inéligibilité.Novembre 2013, le « sort » s’acharne de nouveau. Messieurs Cipriotis et Forestier font parvenir un communiqué signalant que « la ligue du Lyonnais de karaté, qui existe depuis septembre 1975 ! et la Ligue Dauphiné-Savoie de karaté seront rayées de la carte du sport français le 15 novembre sur le seul fait du prince!! » (voir le communiqué de Michel Cipriotis sur kwoon.org, et le communiqué de Christian Forestier sur Facebook).

De quoi sont-ils coupables pour mériter de telles sanctions ?

Ils payent le fait d’avoir contesté la mise à disposition gracieuse d’un appartement occupé par Francis Didier dans le 14ème arrondissement de Paris. Il apparait d’après les propos de Michel Cipriotis que « le président Francis Didier a toujours refusé que les sommes, qu’il perçoit indirectement, figurent comme il se doit dans la comptabilité fédérale en «avantages en nature» ».

Vengeance délibérée ? « Manipulation visant à faire diversion »…

… comme le laisse entendre Cipriotis, dans son communiqué. L’affaire prend alors de l’ampleur lorsque Médiapart s’empare du sujet le 16 octobre 2013.

La réaction de Francis Didier face aux accusations de Cipriotis, et face à la suspicion naissante de certains membres du comité directeur, sera de couper les têtes qui dépassent, ou qui sortent du rang comme l’écrit Cipriotis: »Il ne faut pas vous laisser tromper par un seul son de cloche ! Un des grands principes de la manipulation consiste à faire diversion en créant des problèmes et, ensuite, offrir des solutions téléguidées. Aussi, pour étouffer le scandale du logement payé par la fédération, on a créé un désordre spectaculaire dans la région entrainant une vive inquiétude auprès des responsables de clubs et des dirigeants. En employant la force, la désinformation et la pression, le président mettra en place son équipe bien inféodée et qui n’aura certainement pas le toupet (et le courage) de contester le règlement de son loyer à Paris ».

Un document inattendu…

Et on aurait pu en rester là, jusqu’à réception à notre rédaction, le 28 juin 2014, d’un mail contenant la « lettre ouverte adressée au président de la FFKDA » par Michel Gaubard (ex-trésorier fédéral de la FFKDA).Cette lettre (dont nous n’avions pas connaissance malgré sa publication sur canalblog), qui accable un peu plus Francis Didier, nous a été révélée par un adhérent de la FFKDA, initiateur du mail, dont nous tairons ici le nom, afin de le préserver d’éventuelles sanctions de la part du comité directeur de la fédération. Ce qui est surprenant, c’est que Michel Gaubard a toujours été un des membres les plus fidèles de Francis Didier. Pourquoi alors a-t-il changé soudainement son fusil d’épaule ? C’est la question que nous nous sommes posés. La réponse se trouve dans l’article que vous découvrirez plus bas.Mais pour comprendre tous les tenants de cette histoire, un bref rappel sur Francis Didier, un personnage aux multiples facettes…

Francis Didier est né le 2 décembre 1949. Champion d’Europe en kumite individuel masculin open aux championnats d’Europe de karaté de 1973, capitaine de l’équipe de France, entraineur national, il est depuis 2001 le président de la Fédération Française de Karaté et Disciplines Associées (FFKDA), ayant été réélu successivement en 2005, 2009, et 2013…

S’il est connu du public en tant que président de la FFKDA, il l’est également pour ses démêlés avec la Justice:

Le 17 septembre 2010, il est condamné par la 11e chambre correctionnelle du tribunal de grande instance de Paris pour prise illégale d’intérêt. Il écope d’une amende de 1000 € (mille euros) avec sursis. Deux autres dirigeants de la FFKDA seront également condamnés pour le même délit.

banditLe 10 octobre 2013, Michel Cipriotis, président de la ligue lyonnaise de karaté dépose une requête en annulation de l ‘élection de Francis Didier à la tête de la présidence de la fédération de karaté. L’action dirigée contre la fédération de karaté sera jugée irrecevable par le Tribunal de Grande Instance de Nanterre le 19 décembre 2013 (ici, le compte-rendu du jugement). Il dépose également une plainte contre lui pour« abus de confiance ». Il conteste la mise à disposition gracieuse, par la fédération, d’un appartement à Paris. L’enquête menée par « Médiapart » révèlera au public des témoignages, plutôt accablants, concernant les avantages en nature du président actuel de la fédé de karaté, mais curieusement, cette plainte demeure sans suite pour le moment.

Une entrée remarquée en tant que directeur technique national:

En 1996, Francis Didier est placé par le ministère de sports auprès de la fédération de karaté .

A moins d’une coïncidence, son intrusion dans le milieu se fait immédiatement sentir si on se fie à l’ article de Gérard Thomas du journal « libération » du 21 janvier 2000 :

« …en 1997, une première incursion ministérielle dans les activités d’une fédération déjà empêtrée dans des affaires financières et de règlement de comptes aboutit à un premier retrait de la délégation du ministère de la Jeunesse et des Sports. Le président de l’époque, Jacques Delcourt, en place depuis près de trente-six ans, est contraint de démissionner. Son vice-président, Gérard Garson, lui succède.  ».

En janvier 2000, Gérard Garson annonçe dans une lettre à Joël Delplanque, directeur des sports, son intention de se séparer de Francis Didier, directeur technique national (DTN ) pour les raisons suivantes :

«Il a outrepassé ses fonctions de DTN en intervenant dans les domaines politique, administratif et de gestion, reproche Gérard Garson. Il ne nous défend pas au ministère comme il devrait. Je suis dans l’impossibilité de travailler avec cette personne qui considère avoir tous les droits.»

La réponse du ministère de l’époque sera sanglante…

guillotine…hum, je voulais dire cinglante :

« Une lettre comminatoire du 18 janvier rappelle au président Garson le respect des procédures administratives concernant un DTN, renouvelle la confiance du cabinet à Francis Didier et enjoint à Garson de veiller «à une meilleure gestion de la fédération afin de réorienter les moyens en faveur d’une politique sportive de développement insuffisamment soutenue jusqu’alors».

La guerre est alors déclarée…

duel…entre les deux protagonistes. Mais Francis Didier a une longueur d’avance sur son adversaire: quelques mois auparavant, le ministère des sports a bloqué la subvention annuelle de la FFKama (2,3 millions de francs) en imposant un plan de restructuration en huit points «préalablement» à toute nouvelle négociation. Cette décision fait-elle suite au constat que Francis Didier a établi et qui est le suivant :

«En me plongeant dans les comptes comme c’est mon devoir en tant qu’agent de l’Etat, je me suis aperçu que sur un budget global d’environ 32 millions de francs, la part dévolue aux sportifs n’était que de 12 millions. Le reste couvrant différents frais de fonctionnement. C’est absurde. Il convient de donner plus de moyens au sport ».

Un comble pour un directeur technique qui dépense à lui seul 300 000 francs par an…

…et qui correspond, d’après les propos de Garson (toujours dans le même article de Gérard Thomas du 21/01/2000), aux frais occasionnés par les allers-retours du DTN entre Montpellier, où il réside, et Paris, siège de la fédération !

fricAu sujet des dépenses de francis Didier, n’hésitez pas à visiter l’adresse suivante, on y découvre des discussions intéressantes à ce sujet. Elles sont datées de juin 2005 et proviennent pour la plupart des membres du Comité de Défense du karaté français (CDKF). On constate aussi que l’ambiance au sein de la fédé était déjà au top ! 
Si vous voulez les connaître davantage, vous pouvez visiter leur site ici.

En ce qui concerne les accusations diverses dont il est l’objet, elles n’ont pas l’air de trop préoccuper Francis Didier. Comme nous l’avons vu, il est encouragé par le ministère qui l’emploie (dirigé à l’époque par Jean-François Lamour) et il a carte blanche pour trouver une solution curative au « mal profond » qui ronge la fédération française de karaté.

Le ministère des sports veut des résultats, il va en avoir. Mais pour cela, un statut de directeur technique ne suffit pas.

Le 13 janvier 2001, la Fédération Française de Karaté (FFKAMA) connaîtra son nouveau président : Francis Didier. Parmi les 26 membres du Comité, 18 voteront pour lui.

Fraîchement élu, François Didier aura pour objectif principal de convaincre le CIO de l’entrée du karaté comme discipline olympique en 2008 (le CIO avait refusé de rendre olympique le karaté pour les Jeux d’Athènes de 2004).

Ce qui fut une chaise vide au départ, se transformera un en trône immuable…

trône2

…il sera réélu le 18 juin 2005. Non sans contestation (cliquez sur lien suivant: www.sport.fr).

Deux mandats supplémentaires suivront en 2009 et récemment en 2013.

Qu’est-ce qui justifie une telle longévité?

Certainement les résultats obtenus très tôt en 1998 en tant que directeur technique national (5 titres mondiaux) jusqu’aux plus récents en tant que président: 7 titres mondiaux à Paris et 6 titres européens à Bakou pour l’année 2012.

Bon, en même temps, il ne faut pas que des résultats internationaux pour justifier d’un bon bilan durant toutes ces années.

Pour être élu 4 fois de suite, il faut certainement le mériter, non ?

Au sein de la fédération, les avis sur la question sont partagés.

Michel Gaubard, ex-trésorier et ex-membre du comité directeur de la FFKDA nous donne aujourd’hui son point de vue sur la gestion administrative et financière de Francis Didier depuis qu’il est à la tête de la fédération de karaté.

Et c’est tout de suite… 

…ci dessous la « lettre ouverte adressée au président de la FFKDA » par Michel Gaubard. 

Bonne lecture !

 

Article proposé par :

Anonyme FFKDA

Je trouve votre blog très intéressant, je vous joins l’adresse du blog de Michel Gaubard, ancien trésorier fédéral, 
dans lequel il publie une lettre ouverte au despote, pardon, au président de la FFKDA. 
Bonne lecture. 
Cordialement…

 

NOTRE REPONSE : 

Merci à vous pour nous avoir transmis cette « lettre sulfureuse », que nous publions ici.

Ce document révèle énormément d’informations sur le fonctionnement et les méthodes de la FFKDA de Francis Didier. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il y a toujours de l’eau dans le gaz au sein de la fédération de karaté.

D’ailleurs, il n’y a pas qu’au karaté, au judo aussi et c’est encore une histoire de fric, cliquez ici pour voir.

Un bel exemple de ce que peuvent produire les fédérations, toutes disciplines confondues.

LETTRE OUVERTE DE M. GAUBARD

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s